Ce bond confirme une dynamique structurelle favorable, au-delà de l’effet mécanique des nouvelles introductions en Bourse telles que STGM, Vicenne ou Cash Plus. Si l’on exclut ces entrées, la croissance organique reste robuste à +8,8 % sur l’année, illustrant que l’expansion ne repose pas uniquement sur de nouvelles valeurs mais sur une expansion réelle des activités économiques cotées.
La grande majorité des entreprises publiant leurs comptes – 55 sur 67 – ont vu leurs revenus progresser, alors que seulement 11 ont connu une baisse et une seule une stagnation. Cela offre une lecture claire : la progression n’est pas isolée à quelques champions, mais bien répartie.
Industrie et BTP : le moteur principa
Le secteur industriel a une fois de plus tiré la croissance, avec 230,5 milliards de DH, en hausse de +12,2 %, soit l’essentiel du chiffre d’affaires total. Plusieurs leviers expliquent cette performance :
Managem profite pleinement du démarrage de ses unités à Boto et Tizert, dans un contexte où les cours des métaux comme l’or ou le cuivre sont soutenus.
Dans le Bâtiment et Travaux Publics (BTP), TGCC augmente sa cadence de chantiers grâce à l’intégration de STAM VIAS, tandis que SGTM solide son activité avec des contrats structurants dans le génie civil.
Label Vie, acteur du secteur de la distribution spécialisée, s’est appuyé sur l’ouverture de 80 nouveaux points de vente pour stimuler son chiffre d’affaires.
À l’opposé, le secteur gazier a pesé sur les résultats. La baisse de TotalEnergies Marketing Maroc de près de ‑9,7 % du chiffre d’affaires (à ~15,1 MMDH) illustre la pression des prix sur ce segment, malgré une légère amélioration des volumes vendus.
Banques et assurances en mode croissance maîtrisée
Les financières ont également contribué à la hausse avec un produit net bancaire (PNB) en progression de +5,4 %, totalisant 99,1 MMDH. À ce titre, Bank Of Africa s’est illustrée par une forte contribution, suivie de près par la Banque Centrale Populaire, grâce à la solidité des activités bancaires de base et des performances sur les marchés.
Le secteur des assurances n’a pas été en reste : les primes émises brutes ont augmenté de +7,3 %, tirées par Wafa Assurance et AtlantaSanad, portées par le développement de nouveaux partenariats et segments de marché.
Un quatrième trimestre qui confirme la tendance
Le quatrième trimestre 2025 a été particulièrement dynamique, avec un chiffre d’affaires de 96,2 MMDH, en hausse de +12,2 % par rapport à la même période de 2024. L’industrie a été le principal vecteur de cette progression trimestrielle (+16,4 %), suivie des assurances (+12,8 %) et des financières (+2,8 %).
Cette accélération démontre une résilience notable des sociétés cotées, même dans un contexte économique mondial encore marqué par des incertitudes et des pressions inflationnistes.
Dette et investissements : deux réalités parallèles
Sur le plan bilanciel, l’endettement des sociétés cotées (hors financières) a augmenté d’environ +4,2 %, à 65,2 MMDH, signe que les entreprises continuent de recourir à l’endettement pour financer leurs projets d’expansion.
Parallèlement, les investissements industriels ont progressé de +10,3 %, atteignant près de 30,9 MMDH, avec des projets d’envergure dans les ports, l’hôtellerie, et d’autres infrastructures, corroborant les ambitions de croissance durable à long terme.
Une Bourse qui mûrit
La performance de 2025 offre un signal fort : le marché boursier marocain gagne en maturité. Il attire non seulement l’attention des investisseurs institutionnels, mais il commence à séduire les épargnants locaux, longtemps hésitants face à un marché perçu comme complexe. Pour le Maroc, avec une croissance économique globale qui reste soutenue et une diversification des moteurs de création de valeur, cette dynamique boursière est une étape importante vers une finance plus inclusive et performante sur le long terme.
Il reste toutefois essentiel d’accompagner cette croissance par une meilleure sensibilisation des petits investisseurs, une transparence accrue et des initiatives qui favorisent la participation plus large de la jeunesse marocaine dans l’écosystème financier domestique.